{"id":982,"date":"2020-10-05T15:48:52","date_gmt":"2020-10-05T15:48:52","guid":{"rendered":"https:\/\/didierjoris.com\/?p=982"},"modified":"2020-10-05T16:36:52","modified_gmt":"2020-10-05T16:36:52","slug":"la-foire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/didierjoris.com\/?p=982","title":{"rendered":"La Foire"},"content":{"rendered":"\n<p><em><strong>Texte pr\u00e9sent\u00e9 au Blues-Sphere le 6 octobre 2020 dans le cadre des soir\u00e9es \u00ab Laisser dire \u00bb avec pour th\u00e8me : \u00ab La Foire \u00bb.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em><span class=\"has-inline-color has-cyan-bluish-gray-color\">Depuis 1594, la foire de Li\u00e8ge constitue un des moments festifs majeurs en Cit\u00e9 Ardente et c\u2019est, non sans une pointe de fiert\u00e9, que nous principautaires proclamons notre kermesse comme \u00e9tant la plus ancienne du royaume. La plus grande aussi avec ses 170&nbsp;forains dont les attractions s\u2019\u00e9gr\u00e8nent sur pr\u00e8s de deux kilom\u00e8tres. Chaque ann\u00e9e, elle accueille en moyenne un million et demi de visiteurs.<\/span><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019est pas un 10&nbsp;octobre sans que je ne me rende en p\u00e8lerinage \u00e0 la foire de Li\u00e8ge.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement au plus grand nombre, ma motivation n\u2019est pas de me m\u00ealer \u00e0 la foule nombreuse qui d\u00e9ambule de l\u2019avenue Rogier au pont d\u2019Avroy, toute \u00e0 la joie d\u2019y retrouver une part d\u2019enfance, de nouvelles sensations fortes ou tout simplement le go\u00fbt du Lacquemant et de la barbe \u00e0 papa.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon dessein est bien diff\u00e9rent. Il est de revivre avec nostalgie mon premier baiser, celui que m\u2019offrit Odette, en une fin d\u2019apr\u00e8s-midi d\u2019automne, dans le palais des glaces. Nul ne peut oublier son premier baiser souvent \u00e9chang\u00e9 furtivement, avec cette tendresse sauvage propre \u00e0 l\u2019adolescence. Impossible d\u2019effacer de ses souvenirs ce premier contact intime avec l\u2019autre, cet instant qui nous a ouvert la porte vers une autre dimension. Celle o\u00f9 tous nos sens deviennent insatiables et r\u00e9clament leur part instinctive de jouissance pour pouvoir pleinement exister.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vous ferai gr\u00e2ce de circonstances de notre rencontre. Sachez simplement qu\u2019Odette r\u00e9pondit \u00e0 l\u2019invitation que je lui fis de passer un mercredi apr\u00e8s-midi en ma compagnie. J\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019\u00e9poque un gar\u00e7on assez r\u00e9serv\u00e9 et peu entreprenant \u00e0 l\u2019\u00e9gard du sexe oppos\u00e9. Cela s\u2019expliquait sans doute par le fait que je sois enfant unique et par une \u00e9ducation rigoriste qui assimilait tout plaisir \u00e0 une transgression conduisant au p\u00e9ch\u00e9 et donc \u00e0 l\u2019enfer. C\u2019est cet aspect de prime abord timor\u00e9 qui me donnait un air t\u00e9n\u00e9breux et blas\u00e9 qui poussa la belle Odette \u00e0 prendre l\u2019initiative de ce premier baiser. Tout en moi en garde encore le souvenir vivace alors que les miroirs nous renvoyaient l\u2019image de nos corps difformes. Ce moment initiatique me permit de me d\u00e9gager du carcan familial en accueillant ce que la vie avait de plus fascinant \u00e0 m\u2019offrir. L\u2019amour. C\u2019est tout au moins ce que je pensais. Mais cette aventure ne dura toutefois gu\u00e8re plus d\u2019un hiver au cours duquel ma tendre amie m\u2019initia au plaisir de la chair pour ensuite me quitter afin d\u2019\u00e9viter, disait-elle, que la lassitude s\u2019installe.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9trospectivement, je ne peux qu\u2019abonder dans son sens. Rien n\u2019est pire que l\u2019habitude, surtout en amour.<\/p>\n\n\n\n<p>Par la suite, j\u2019amenais chacune de mes conqu\u00eates au sein du labyrinthe de verre mais je n\u2019\u00e9prouvais plus jamais les m\u00eames sensations, la m\u00eame ardeur. Ce ne furent que des instants fades et sans aucun relief. Apr\u00e8s quelques tentatives, je d\u00e9cidais qu\u2019il \u00e9tait pr\u00e9f\u00e9rable que j\u2019y retourne seul, avec toujours cet espoir qui me caressait d\u2019y croiser Odette. Cela n\u2019arriva jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>Il me fut toutefois offert d\u2019y faire quelques rencontres improbables. Celle tout d\u2019abord d\u2019une jeune femme aveugle guid\u00e9e par son chien au flair certain qui lui fit trouver la sortie bien plus vite que ne l\u2019aurait fait n\u2019importe quel autre quidam. La rencontre aussi d\u2019un claustrophobe accompagn\u00e9 de son m\u00e9decin psychiatre qui testait dans le palais des glaces une nouvelle forme d\u2019approche th\u00e9rapeutique pour cette pathologie oh combien invalidante. La rencontre d\u2019un clochard qui franchissait la porte juste avant l\u2019heure de fermeture pour trouver refuge dans l\u2019impasse la plus \u00e9loign\u00e9e afin d\u2019y passer la nuit. Le g\u00e9rant d\u2019une vitrerie proche de mon domicile qui, m\u2019avoua-t-il, consid\u00e9rait comme une obligation professionnelle de fr\u00e9quenter chaque ann\u00e9e les lieux. Des ob\u00e8ses et des anorexiques qui, au travers des miroirs d\u00e9formants, projetaient leur d\u00e9sir d\u2019habiter un corps diff\u00e9rent.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce matin, j\u2019ai toutefois pris une d\u00e9cision irr\u00e9vocable. Ce 10 octobre, ce sera mon dernier p\u00e8lerinage. Au cours du petit d\u00e9jeuner, je fus en effet \u00e9branl\u00e9 par un commentaire d\u00e9sobligeant, un de plus que me fit Josiane avec qui je partage mon existence depuis bient\u00f4t dix ans.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une femme d\u00e9licieuse mais qui, riche dit-elle de ses exp\u00e9riences de vie et de son parcours en d\u00e9veloppement personnel ne peut s\u2019emp\u00eacher de jouer \u00e0 la pseudo psychologue \u00e0 deux balles. Plut\u00f4t conquise par les th\u00e9ories de Freud, chaque acte que je pose est ainsi interpr\u00e9t\u00e9 en fonction de mon stade anal et tout est ramen\u00e9 \u00e0 ma sexualit\u00e9 qui pourtant, depuis une d\u00e9cennie, se r\u00e9sume \u00e0 portion congrue. Sa gourmandise charnelle est en effet proportionnelle au r\u00e9gime alimentaire qu\u2019elle suit. Comme elle fait r\u00e9gime la majorit\u00e9 de son temps et depuis longtemps, la fr\u00e9quence de nos rapports est calqu\u00e9e sur les petits extras qu\u2019elle peut se permettre\u2026 c\u2019est-\u00e0-dire jamais sinon \u00e0 No\u00ebl et parfois \u00e0 l\u2019an neuf. Enfin bref, comme \u00e0 l\u2019habitude Josiane ne manquait pas de me faire un reproche alors que nous prenions notre caf\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u2009Mon pauvre ami, tu n\u2019as jamais su aller \u00e0 l\u2019essentiel. Aller du point A au point B par le plus court chemin est pour toi totalement impossible. Toujours, pour tout, tu dois tergiverser, faire des tours et des d\u00e9tours. Et c\u2019est pour tout comme \u00e7a. M\u00eame en amour. Pas \u00e9tonnant que tu n\u2019as jamais pu rendre une femme heureuse.\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ces mots d\u00e9clench\u00e8rent en moi en torrent de frustrations et de tristesse. Me dire cela \u00e0 moi, le jour de mon p\u00e8lerinage annuel\u2009!<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne pouvais cependant nier que Josiane avait raison. J\u2019avais bousill\u00e9 ma vie \u00e0 explorer des voies sans issues pour \u00eatre rassur\u00e9, pour que rien ne m\u2019\u00e9chappe, pour avoir le sentiment de ma\u00eetriser mon destin et par la m\u00eame celui des autres. C\u2019est sans doute \u00e7a qui avait fait qu\u2019un soir de f\u00e9vrier, il y a bien longtemps, Odette m\u2019avait quitt\u00e9. Elle avait compris qu\u2019avec moi la vie \u00e0 deux se d\u00e9roulerait non comme un long fleuve tranquille mais comme un parcours d\u2019obstacles labyrinthiques. Aujourd\u2019hui, cela me crevait les yeux. Alors j\u2019ai pris ma d\u00e9cision. Apr\u00e8s le souper, j\u2019ai dit \u00e0 Josiane que j\u2019allais faire un tour. Je suis mont\u00e9 dans le bus en direction des Guillemins et me suis arr\u00eat\u00e9 juste \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de l\u2019avenue Rogier. J\u2019ai parcouru lentement les quelques centaines de m\u00e8tres qui me s\u00e9paraient du labyrinthe.<\/p>\n\n\n\n<p>En cinquante ans, cette attraction n\u2019a gu\u00e8re chang\u00e9. Elle se situe toujours \u00e0 la m\u00eame place, avec le m\u00eame d\u00e9cor, les m\u00eames couleurs, le m\u00eame \u00e9clairage, le m\u00eame accueil nonchalant d\u2019un pr\u00e9pos\u00e9 qui vous regarde sans mot dire, avec un sourire convenu, un \u0153il sur un mini t\u00e9l\u00e9viseur et l\u2019autre sur la monnaie qu\u2019il vous rend. Et puis, tout au long du parcours, il y a ces rires en bo\u00eete, les m\u00eames que ceux que l\u2019on retrouve en arri\u00e8re-fond sonore de la s\u00e9rie Benny Hill\u2009; ces rires forc\u00e9s et aga\u00e7ants qui sont l\u00e0 pour vous rappeler que la r\u00e8gle est \u00e0 l\u2019autod\u00e9rision et qu\u2019il est de bon ton de vous esclaffer face \u00e0 votre portrait d\u00e9form\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/didierjoris.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/Rire-Sitcoms-1min.mp3\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p>J\u2019ai pay\u00e9 mon entr\u00e9e et laiss\u00e9 un large pourboire au brave gars qui me souhaitait un excellent divertissement. En mati\u00e8re divertissement, c\u2019est lui qui allait \u00eatre servi.<\/p>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9 au c\u0153ur de l\u2019attraction, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 hurler. Des cris de peur m\u00eal\u00e9s \u00e0 des cris de haine m\u00eal\u00e9s \u00e0 des rires nerveux et saccad\u00e9s qui se m\u00ealaient aux rires des haut-parleurs. Et puis j\u2019ai brandi mon arme, un P38, mena\u00e7ant au passage une grand-m\u00e8re et sa petite-fille ainsi qu\u2019un couple d\u2019amoureux. Les gens autour de moi s\u2019encouraient en se tapant la t\u00eate sur les miroirs. Ensuite j\u2019ai tir\u00e9. Quatre coups en l\u2019air et un dans ma tempe.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis, curieusement, je me suis senti l\u00e9ger, tellement l\u00e9ger que je me suis \u00e9lev\u00e9 au bas du houppier du marronnier le plus proche. C\u2019\u00e9tait particulier, et comme beaucoup de ceux qui v\u00e9curent une exp\u00e9rience de mort imminente, je devenais t\u00e9moin de ma propre fin. Je ne sentais plus mon corps et je planais l\u00e0, \u00e0 quelques m\u00e8tres, \u00e0 observer le spectacle.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un premier temps, il y eut une fuite d\u00e9sordonn\u00e9e de la foule tout autour de l\u2019attraction puis, cinq policiers se sont ru\u00e9s armes au point \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du labyrinthe. Ils couraient dans tous les sens comme des poulets sans t\u00eate, tout paniqu\u00e9s \u00e0 l\u2019id\u00e9e de manquer leur cible et de tirer sur mon reflet alors qu\u2019avec un plus de chance, je pourrais moi faire mouche et les envoyer ad patres. J\u2019avoue que cela m\u2019a fait beaucoup rire de les voir s\u2019agiter ainsi. Et puis, soulag\u00e9s, ils ont d\u00e9couvert mon corps inanim\u00e9. Je vous fais gr\u00e2ce de la sc\u00e8ne surr\u00e9aliste qui s\u2019ensuivit lorsque les secours, arm\u00e9s de leur brancard, partirent eux aussi \u00e0 ma recherche accompagn\u00e9s d\u2019une jeune polici\u00e8re encore sous l\u2019\u00e9motion des moments qu\u2019elle venait de vivre. De mon perchoir, je ne puis malheureusement que vous confirmez, et ce sans la moindre misogynie, que d\u00e9cid\u00e9ment les femmes n\u2019ont pas le sens de l\u2019orientation. Apr\u00e8s plus de dix minutes \u00e0 parcourir les all\u00e9es, ils charg\u00e8rent mon corps sur la civi\u00e8re et m\u2019\u00e9vacu\u00e8rent par l\u2019entr\u00e9e o\u00f9 une foule dense et silencieuse attendait mon apparition. Les forains alentour, pouss\u00e9s par la curiosit\u00e9 et souhaitant \u00e9galement participer \u00e0 ce spectacle gratuit, avaient coup\u00e9 leur haut-parleur tonitruant et avaient cess\u00e9 de faire l\u2019article de leur attraction. Seuls, depuis les tr\u00e9fonds du labyrinthe, hurlaient en boucle les rires m\u00e9caniques et m\u00e9talliques que le pauvre g\u00e9rant, compl\u00e8tement atterr\u00e9, avait oubli\u00e9 de faire taire. Je fus surpris par les commentaires de certains. Il y en avait qui r\u00e9p\u00e9taient \u00e0 qui mieux mieux que j\u2019\u00e9tais un terroriste\u2009; d\u2019autres qui pr\u00e9tendaient que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 un lourd pass\u00e9 judiciaire, que je venais d\u2019attaquer le paki du coin et que voil\u00e0 ce qui arrive avec notre justice laxiste\u2009; d\u2019autres enfin, une minorit\u00e9 perspicace, qui affirmaient que c\u2019\u00e9tait par d\u00e9pit amoureux que j\u2019avais agis de la sorte.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis rest\u00e9 l\u00e0-haut en observateur jusqu\u2019au d\u00e9part de l\u2019ambulance. Puis je me suis senti aspir\u00e9 vers une lumi\u00e8re bienveillante qui m\u2019amena alors \u00e0 un carrefour muni d\u2019un panneau indicateur qui proposait trois directions&nbsp;: le paradis, le purgatoire et les enfers. Au centre du carrefour, Saint-Pierre. Celui-ci analysa mon dossier et me d\u00e9clara, au vu des derniers \u00e9v\u00e9nements, inapte au paradis. Il admit toutefois que les bonnes actions engrang\u00e9es tout au cours de mon existence m\u2019\u00e9pargnaient de br\u00fbler au c\u0153ur de la fournaise \u00e9ternelle. Il me signifia qu\u2019il ne me restait plus qu\u2019\u00e0 rejoindre le purgatoire avant de pouvoir \u00e9ventuellement conna\u00eetre le bonheur sans fin. Il m\u2019a demand\u00e9 si j\u2019avais une boussole ce qui bien s\u00fbr m\u2019interpella. Il me dit alors qu\u2019il \u00e9tait strictement interdit de disposer d\u2019une boussole pour aller au purgatoire de m\u00eame que de petits cailloux. \u00ab\u2009Le purgatoire me dit-il est un grand labyrinthe dont il vous faudra trouver seul la sortie si vous voulez un jour participer \u00e0 la f\u00e9licit\u00e9 des justes. Vous verrez, il y a peu de diff\u00e9rence avec le monde que vous avez connu sur terre \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Au vu de mon exp\u00e9rience labyrinthique, j\u2019avais bon espoir d\u2019y parvenir mais je me suis dit que ce serait bien plus agr\u00e9able de faire le chemin \u00e0 deux, avec Odette. J\u2019en ai fait part \u00e0 mon h\u00f4te qui accueillit ma demande avec compr\u00e9hension sans me promettre toutefois d\u2019y acc\u00e9der. \u00ab\u2009Nous verrons\u2026 Peut-\u00eatre\u2026 Les voies du Seigneur sont imp\u00e9n\u00e9trables\u2009\u00bb me dit-il en ouvrant la porte de mon nouveau domaine.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9cid\u00e9ment, l\u2019espoir fait vivre. M\u00eame dans l\u2019autre monde.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte pr\u00e9sent\u00e9 au Blues-Sphere le 6 octobre 2020 dans le cadre des soir\u00e9es \u00ab Laisser dire \u00bb avec pour th\u00e8me : \u00ab La Foire \u00bb. Depuis 1594, la foire de Li\u00e8ge constitue un des moments festifs majeurs en Cit\u00e9 Ardente et c\u2019est, non sans une pointe de fiert\u00e9, que nous principautaires proclamons notre kermesse comme &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/didierjoris.com\/?p=982\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;La Foire&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-982","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/didierjoris.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/982","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/didierjoris.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/didierjoris.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/didierjoris.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/didierjoris.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=982"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/didierjoris.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/982\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":993,"href":"https:\/\/didierjoris.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/982\/revisions\/993"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/didierjoris.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=982"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/didierjoris.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=982"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/didierjoris.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=982"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}