Aujourd’hui, le slam a mal, les poètes sont tristes, les ciseaux, la colle, les images de papier coloré pleurent les doigts habiles de Mineige.
Mineige et Michèle ne font plus qu’un au paradis des chantres et des collagistes.
L’absence est cruelle, mais l’envoûtement reste. Ses anges, poissons et fleurs continuent à porter leur regard sur notre monde. Ils nous relient à elle tandis que résonne et résonnera toujours en nous sa voix singulière.
Une voix effaçant l’espace-temps et s’emparant de tous nos sens. Un ton, une cadence, des interprétations de textes à nulle autre pareilles. Œuvres propres ou déclamations de grands classiques, une magie musicienne s’alliait à ses mots. Sa sonorité ensorcelante s’inscrivait alors au plus profond de nos âmes pour marquer à jamais l’inconscient de chacun. C’est là que Michèle est bien vivante, éternellement, toute proche de nous, plus encore lorsque nous quitterons nous-mêmes ce monde.
Merci à Michèle qui me fit connaître « Laisser dire », « Moment », « La bafouille incontinente »… Que de bons moments passés ensemble.

