Il avait le silence pour parole. La parole silencieuse dans les yeux et le sourire.
À quoi bon parler quand on sait que les mots énoncés ne feront que rejoindre le bruit du monde sans rien y apporter sinon une amplification du bourdonnement ambiant.
À quoi bon s’exprimer si c’est pour convenir d’évidences, discourir sur des lieux communs, enfoncer des portes ouvertes.
Seul, de temps à autre, une note d’humour très britannique, en signe de dérision, pour rendre aux circonstances leur juste place en ce monde. Une voix qui parfois se déliait pour évoquer ses deux passions : l’Afrique, sa terre d’adoption et sa famille.
Observer, interpréter les faits pour soi-même et ne porter aucun jugement, parfois une appréciation toute personnelle mais rarement partagée, tel était le sens de ses silences.
Le silence incarné comme art de vivre.
Mais j’en ai déjà trop dit. Je préfère me taire en sa mémoire.
En hommage à Edmond Van Weyenbergh 11-12-1940 / 26-02-2026
